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Source: L'echo - 23 janvier 2007
 
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Pour PanEuroLife et son nouvel actionnaire, la Belgique est une priorité

Depuis la fin de l’affaire et la reprise par JC Flowers, l’assureur a fait sa mue.

René de ses cendres, PanEuroLife, assureur luxembourgeois créé en 1990 avec l’objectif de servir le marché européen de l’assurance selon le nouveau mode de distribution de libre prestation de service, a bien l’intention... de se vouer à sa vocation initiale. C’est ce qu’explique Tom Fraser, le nouveau directeur général et CEO du groupe arrivé fin novembre avec l’actionnaire américain JC Flowers, un fonds de private equity qui a repris 100% du capital du groupe à Nationwide.

Ces dernières années, le groupe a été principalement actif sur les marchés belge, anglais et scandinave, où il distribue via un réseau d’intermédiaires indépendants des produits de la branche 23 à architecture ouverte, des fonds structurés ainsi que des fonds dédiés. Et ce sont précisément ces marchés, profitables selon Fraser, et sur lesquels le groupe vient de lancer un nouveau produit à prime régulière, le «Pharos regular premium», qui sont la priorité actuelle du groupe. «Nous y voyons l’opportunité d’augmenter notre réseau d’intermédiaires et notre gamme de produits. Nous comptons analyser la possibilité d’y développer un produit de branche 21», laisse entendre Tom Fraser.

Le nouveau patron note que PanEuroLife dispose de systèmes de traitement susceptibles de tripler le volume des affaires. En mettant à profit la capacité disponible, l’assureur tentera de développer un modèle d’assurance européen. «L’expansion se fera à la fois de façon organique, par le développement de marchés et de produits, et par l’acquisition ou l'alliance avec d’autres groupes», déclare-t-il.

L’expansion géographique sera axée, après la Belgique, sur l’Allemagne et potentiellement sur les Pays-Bas. L’assureur développera le marché des expatriés vivant dans le sud de l’Europe. «Outre les pensionnés, il s’agit d’un marché de plus en plus intéressant car les ‘’sun seekers" sont en constante augmentation », note Fraser. En agissant de la sorte, Paneurolife cherchera à coopérer avec des «financial planners » renommés.

PanEuroLife vise notamment les personnes s’installant dans le sud de l’Espagne. La France, où le groupe avait connu des difficultés avec la justice en 2000, ne constitue pas (plus) une priorité. «C’est du passé. Les objectifs de notre groupe aujourd’hui ont complètement changé. Notre métier est de plus en plus régi par un arsenal juridique européen, notamment sur l'antiblanchiment d’argent qui n’existait pas à l’époque», ajoute-t-il. «Nous travaillons sérieusement sur les sujets ‘’compliance’’; nous organisons d’ailleurs une formation anti-blanchiment d'argent agréée CBFA (Commission bancaire, financière et des assurances) pour les courtiers belges qui le souhaitent.»

Le groupe compte également servir davantage le marché luxembourgeois. «Vu notre présence ici, il est logique que nous allions dans cette direction », explique Fraser. Le changement de la politique du groupe au Luxembourg se traduira, à moyen terme, par un changement de logo, et à plus court terme, par un changement d’adresse. À partir de mars ou avril prochain, PanEuroLife s’installera à Capellen, nouvelle zone d’activités à proximité de Luxembourg. «Tous nos collaborateurs s’y retrouveront sur le même étage. Nous comptons ainsi améliorer notre communication interne.»

Le nombre de collaborateurs, 110 actuellement, évoluera «dans la mesure où les projets que nous souhaitons développer dans les 12 mois à venir aboutiront », explique Fraser. En termes financiers, l’objectif du groupe est de tripler le chiffre d’affaires dans les cinq ans. Le nouvel actionnaire JC Flowers est patient, selon le patron de PanEuroLife. «Spécialisé dans l’acquisition de groupes financiers, l’investisseur américain a une politique qui vise le long terme», indique-t-il.

Il en veut pour preuve notamment le rachat en 2000 de la banque japonaise Long Term Credit Bank (LTCB), rebaptisée entre-temps Shinsei Bank, pour 1,1 milliard de dollars. Plus récemment, le groupe est devenu le premier investisseur privé dans une caisse d’épargne allemande, suite au rachat, avec cinq investisseurs, de 24,1% du capital et de 26,6% des droits de vote de HSHNordbank. Le groupe est également présent aux Pays-Bas (avec NIB Capital), au Royaume-Uni (avec Fox Pitt Kelton) et aux États-Unis (avec Ernstar).

Jean-Claude Weishaar, à Luxembourg