Depuis la fin de l’affaire
et la reprise par JC
Flowers, l’assureur a fait
sa mue.
René de ses cendres, PanEuroLife,
assureur luxembourgeois créé en
1990 avec l’objectif de servir le marché
européen de l’assurance selon
le nouveau mode de distribution
de libre prestation de service, a bien
l’intention... de se vouer à sa vocation
initiale. C’est ce qu’explique
Tom Fraser, le nouveau directeur
général et CEO du groupe arrivé fin
novembre avec l’actionnaire américain
JC Flowers, un fonds de private
equity qui a repris 100% du capital
du groupe à Nationwide.
Ces dernières années, le groupe a
été principalement actif sur les
marchés belge, anglais et scandinave,
où il distribue via un réseau
d’intermédiaires indépendants des
produits de la branche 23 à architecture
ouverte, des fonds structurés
ainsi que des fonds dédiés. Et ce
sont précisément ces marchés, profitables
selon Fraser, et sur lesquels
le groupe vient de lancer un nouveau
produit à prime régulière, le
«Pharos regular premium», qui
sont la priorité actuelle du groupe.
«Nous y voyons l’opportunité
d’augmenter notre réseau d’intermédiaires
et notre gamme de produits.
Nous comptons analyser la
possibilité d’y développer un produit
de branche 21», laisse entendre
Tom Fraser.
Le nouveau patron note que PanEuroLife
dispose de systèmes de
traitement susceptibles de tripler le
volume des affaires. En mettant à
profit la capacité disponible, l’assureur
tentera de développer un modèle
d’assurance européen. «L’expansion
se fera à la fois de façon organique, par le développement de
marchés et de produits, et par l’acquisition
ou l'alliance avec d’autres
groupes», déclare-t-il.
L’expansion géographique sera
axée, après la Belgique, sur l’Allemagne
et potentiellement sur les
Pays-Bas. L’assureur développera le
marché des expatriés vivant dans
le sud de l’Europe. «Outre les pensionnés,
il s’agit d’un marché de
plus en plus intéressant car les ‘’sun
seekers" sont en constante augmentation
», note Fraser. En agissant de
la sorte, Paneurolife cherchera à
coopérer avec des «financial planners
» renommés.
PanEuroLife vise notamment les
personnes s’installant dans le sud
de l’Espagne. La France, où le
groupe avait connu des difficultés
avec la justice en 2000, ne constitue
pas (plus) une priorité. «C’est du
passé. Les objectifs de notre groupe
aujourd’hui ont complètement
changé. Notre métier est de plus en
plus régi par un arsenal juridique
européen, notamment sur l'antiblanchiment
d’argent qui n’existait
pas à l’époque», ajoute-t-il. «Nous
travaillons sérieusement sur les sujets
‘’compliance’’; nous organisons
d’ailleurs une formation anti-blanchiment
d'argent agréée CBFA
(Commission bancaire, financière
et des assurances) pour les courtiers
belges qui le souhaitent.»
Le groupe compte également servir
davantage le marché luxembourgeois.
«Vu notre présence ici, il est logique
que nous allions dans cette direction
», explique Fraser. Le
changement de la politique du
groupe au Luxembourg se traduira,
à moyen terme, par un changement
de logo, et à plus court terme,
par un changement d’adresse. À
partir de mars ou avril prochain,
PanEuroLife s’installera à Capellen,
nouvelle zone d’activités à proximité
de Luxembourg. «Tous nos
collaborateurs s’y retrouveront sur
le même étage. Nous comptons
ainsi améliorer notre communication
interne.»
Le nombre de collaborateurs, 110
actuellement, évoluera «dans la
mesure où les projets que nous souhaitons
développer dans les 12 mois
à venir aboutiront », explique Fraser.
En termes financiers, l’objectif
du groupe est de tripler le chiffre
d’affaires dans les cinq ans. Le nouvel
actionnaire JC Flowers est patient,
selon le patron de PanEuroLife.
«Spécialisé dans l’acquisition de
groupes financiers, l’investisseur
américain a une politique qui vise le
long terme», indique-t-il.
Il en veut pour preuve notamment
le rachat en 2000 de la banque japonaise
Long Term Credit Bank
(LTCB), rebaptisée entre-temps
Shinsei Bank, pour 1,1 milliard de
dollars. Plus récemment, le groupe
est devenu le premier investisseur
privé dans une caisse d’épargne allemande,
suite au rachat, avec cinq
investisseurs, de 24,1% du capital et
de 26,6% des droits de vote de
HSHNordbank. Le groupe est également
présent aux Pays-Bas (avec
NIB Capital), au Royaume-Uni (avec
Fox Pitt Kelton) et aux États-Unis
(avec Ernstar).
Jean-Claude Weishaar, à Luxembourg |